L'interview
1. Comment vous est venue l'idée
de créer Caramail ?
En 1997, année de lancement de Caramail, nous (mes
deux associés et moi) n'en étions pas à
notre première expérience dans l'internet puisque
nous avions créé un moteur de recherche francophone
: Lokace. Un soir, nous étions invités à
une pendaison de crémaillière et, comme toujours,
nous parlions boulot tous les trois... Plus précisément
nous nous demandions comment augmenter l'audience de Lokace.
C'est à ce moment là que nous avons parlé
d'Hotmail et que nous avons décidé de lancer un
outil de mail gratuit, consultable par une interface web (comme
Hotmail en fait) mais EN FRANCAIS. Nous étions les premiers.
2. Pensiez-vous que Caramail allait
avoir autant d'impact auprès des jeunes ?
Franchement ? Non ! Nous croyions énormément
dans nos produits mais l'effet communautaire est tel que nous
ne pouvions pas le
prévoir ! On ne peut pas décider de créer
une communauté, on peut seulement offrir des outils de
communication et un terrain propice à l'établissement
de la communauté, après, ça prend ou pas
! C'est un peu le côté magique de l'histoire.
3. Pour quelles raisons avez-vous
accepté l'alliance avec Lycos ?
Nous adosser à un groupe plus important, européen
et solide, nous permettait de continuer à développer
Caramail, tout simplement.
4. Pensez-vous que la fusion sera
bénéfique sur le long terme ?
(Ne craignez-vous pas que Lycos finisse par étouffer Caramail
?)
La décision a été prise de conserver
la marque Caramail, je ne me fais donc pas trop de souci pour
son avenir. La fusion est bénéfique aujourd'hui,
maintenant il est vrai que nous ne pouvons présager de
l'avenir et de décisions qui ne nous appartiennent pas.
Aujourd'hui, nous avons la chance de travailler avec des gens
intelligents, avec lesquels nous sommes en phase. Nous avançons
dans le même sens, il faut que ça dure. ;-)
5. Qu'en pense le personnel de Caramail
?
A peu près la même chose que nous, je pense
;-)
6. Pensez-vous que le manque de communication
sur l'alliance Lycos-Caramail peut s'avérer nuisible ?
Je pense que nous avons peut-être commis l'erreur
de ne pas communiquer suffisamment sur cette alliance auprès
de nos abonnés au moment des faits.
Maintenant je dirais qu'ils ont eu le temps de constater
que leur Caramail est toujours là, que Lycos ne l'a pas
avalé et que les changements du site vont dans le sens
d'un meilleur service et dans leur intérêt. Il est
donc un peu tard pour revenir sur l'alliance Lycos-Caramail à
mon sens. Si jamais nous nous retrouvions à nouveau dans
une situation similaire, c'est - à - dire « délicate
» en terme de stratégie de communication, il est
évident que nous l'aborderions avec l'expérience
et, de fait, je pense que nous communiquerions davantage. Il
faut savoir tirer parti de ses erreurs mais aussi de ses manquements
! ;-)
Concernant le BTS Communication
des entreprises :
Quelle image avez - vous de cette
formation ?
Excellente au vu des travaux proposés au challenge
Wel'com !!! Il n'y avait pas un seul dossier mauvais !!! J'étais
vraiment épatée !
Bien sûr, certains points pêchaient dans tous
les dossiers mais après tout, vous en êtes au début
de votre formation !
Et puis, j'ai été très touchée
de la motivation qui vous animait et qui ressortait clairement
de cet exercice.
En discutant avec vos professeurs, il me semble avoir compris
que la formation est en permanence rattachée au concret,
ce n'est pas un enseignement de notions théoriques, et
ça, croyez-moi, c'est inestimable. J'en profite d'ailleurs
pour féliciter vos professeurs, sincèrement car
c'est plus fatiguant, plus implicant, d'enseigner des morceaux
de vraie vie que des morceaux de bouquins...
Quelles en sont les forces et les
faiblesses, selon vous ?
Les forces je viens de les évoquer : un ancrage
dans le réel et un enseignement de qualité. Ca
plus votre « état d'esprit » et votre envie,
ça devrait le faire ! ;-)
Les faiblesses, je ne vois pas, je devrais peut-être
suivre le cursus pour me faire une idée ! ;-)
Embaucheriez - vous un titulaire
de ce diplôme ?
Bien évidemment ! Mais je dois vous avouer que j'embauche
plus une personne qu'un diplôme...